La poésie, camarade
C'est ce moment où tout semblait égal
J'aurais forgé en solitude
Dos au levant
Les rythmes que le monde pourrait m'envier
La poésie, ma mère
La dernière décrochée
À qui j'ai pensé en premier
Tes yeux flottaient si loin du coeur
Je ne pouvais plus les aimer
J'y pense encore
Quand je m'efforce de penser
La poésie, petite madeleine
Ma brésilienne de 16 ans
Apprentie, pas sérieuse
Mais plus sérieuse que ma guitare
Je te perds fiancée
Au cousin de l'amour
Je l'ai bien mérité
La poésie, fleur indigne
Je ne dirai rien du mal maudit d'adolescence
Je ne parlerai pas
La poésie, astre sauvage
Tu files, tu rends, tu massacres mon ventre
Alors que la vérité meure
Dans son déguisement d'erreur
Je l'enfiles pour l'expérience
Réveillé en sursaut par mon extrême violence
Je t'aime pour toujours
La poésie, mon double
Mon os mitoyen
Ma caresse impuissante
Ma suppliante fission
Je ne dirais jamais ton nom
Je t'aime pour toujours
La poésie, femme étrangère
Happée par les pores du monde
Attendue trépignant, exaucée à l'usure
Et devenue le jour suivant
L'or enclavé de mon futur
Je t'aime pour toujours
La poésie, camarade
Tu me traverses sans me voir
Tu me retiens sans m'effacer
Je ne suis plus miroir, mon histoire dévale
Je suis malade comme Sunnymoon
Je pleure des nuits de satiété
Je pleure pour vous, mes chers amours
Mes jasmins entêtés
Ma poésie, mes chers amours
20090706
20090624
Encéphalogramme
Réflexion, tu parles pour ton ombre
Toutes pensées
J'y mettrais des guillemets
Initiant le coassement relativiste
Toutes paraphrases
Réflexion, par-dessus la jambe
Par-dessous l'escalier de service
On fait des raccourcis
Dès l'entrée du siècle
Sans même s'amuser
Je descends mon caleçon jusqu'aux mollets
Réflexion, con réflexe
Le premier mot est bloqué
Il s'agit semble-t-il de
« Encore »
Toutes pensées
J'y mettrais des guillemets
Initiant le coassement relativiste
Toutes paraphrases
Réflexion, par-dessus la jambe
Par-dessous l'escalier de service
On fait des raccourcis
Dès l'entrée du siècle
Sans même s'amuser
Je descends mon caleçon jusqu'aux mollets
Réflexion, con réflexe
Le premier mot est bloqué
Il s'agit semble-t-il de
« Encore »
20090623
Damoiseau
Quand je me vois soudain
En face de ma bouteille
Que je lui parle de notre avenir ensemble
La caressant du bout des doigts
Quand je me vois soumis
Aux chaudes vapeurs des vagues
Que je bois aux saillies d'empires
À l'avancée des sables
Quand je me vois soudain
Inversé à faner
Troué de lèvres conspueuses
En face de mon épée
Quand je brandis mon Damoiseau
Présent comme un sort
Butant contre un leurre
Je suis autre que vous, qu'un autre, que moi
En face de ma bouteille
Que je lui parle de notre avenir ensemble
La caressant du bout des doigts
Quand je me vois soumis
Aux chaudes vapeurs des vagues
Que je bois aux saillies d'empires
À l'avancée des sables
Quand je me vois soudain
Inversé à faner
Troué de lèvres conspueuses
En face de mon épée
Quand je brandis mon Damoiseau
Présent comme un sort
Butant contre un leurre
Je suis autre que vous, qu'un autre, que moi
20090601
à lire à toute vitesse:
"paris est toujours vivante
dans les yeux de la petite fille en robe rouge
dans la main entrouverte du clochard couché sur le quai de la ligne dix à odeon
dans la sainte paix des morts couchés pour de bon à père lachaise
et chez moi"
a.
la poésie ne devrait exister
que pour enregistrer les pensées sans importance
que pour créer un langage tout nouveau
un langage qui ne devrait exister
que pour l'existence de la poésie
sans peur de faire des fautes
sans peur de ces égos avides
de corriger nos fautes
dans les yeux de la petite fille en robe rouge
dans la main entrouverte du clochard couché sur le quai de la ligne dix à odeon
dans la sainte paix des morts couchés pour de bon à père lachaise
et chez moi"
a.
la poésie ne devrait exister
que pour enregistrer les pensées sans importance
que pour créer un langage tout nouveau
un langage qui ne devrait exister
que pour l'existence de la poésie
sans peur de faire des fautes
sans peur de ces égos avides
de corriger nos fautes
20090515
Porte-malheur
Je vous souhaite de ramper
Je vous souhaite de vieillir
Je vous souhaite de patienter éternellement
Je vous souhaite la monture gangrénée de rancoeur
Je vous souhaite le dégoût dans la pluie de vos vers
Et peut-être
Un matin de baptême
Je vous souhaite de retomber sur vos pattes de chats noirs
Je vous souhaite de vieillir
Je vous souhaite de patienter éternellement
Je vous souhaite la monture gangrénée de rancoeur
Je vous souhaite le dégoût dans la pluie de vos vers
Et peut-être
Un matin de baptême
Je vous souhaite de retomber sur vos pattes de chats noirs
20090505
encore.
lire, c'est s'en aller -
les lèvres éparpillent les refrains.
on s'en va; les mots balayent
la poussière cachée dans les mains.
on fait le rythme - lire, c'est se déplacer:
les ruelles du monde entier
cachées dans les mains.
les lèvres éparpillent les refrains.
on s'en va; les mots balayent
la poussière cachée dans les mains.
on fait le rythme - lire, c'est se déplacer:
les ruelles du monde entier
cachées dans les mains.
20090424
Aphonie
Dis-moi, Vinicius
Pourquoi elle est dehors
Et que c'est moi qui l'y ai mise
Pourquoi je peux te parler
Et que tu ne me comprends pas
Dis-moi, Vinicius
Pourquoi me voilà seul
Et plus seul avec elle
Encore plus seul sans elle
Puisqu'elle n'est plus là
Dis-moi, Vinicius
Pourquoi elle est venue
Quand je l'ai faite venir
Et qu'elle est repartie
Quand je l'ai faite partir
Pourquoi je l'ai chassée
Dans deux sens opposés
Dis-moi, Vinicius
Pourquoi je ne puis vivre
Avec et pour les autres
Ni non plus vivre seul
Les autres avec leur mort
Et j'étais déjà mort
Dis-moi, Vinicius
Pourquoi la flamme s'éteint parfois
Comme si éteinte depuis l'éternité
Et qu'elle brûle à nouveau
Comme si jamais n'avait cessé
Le lendemain matin
Dis-moi, Vinicius
Pourquoi seule l'insouciance
Connaît la vérité
Que chaque mot construit
Et que chaque mot détruit
Parce qu'un mot est un mot
Dis moi, Vinicius
Pourquoi je l'aime autant
Qu'elle soit ailleurs je ne sais où
Ou ici contre moi
Et plus présente parfois
Dans le lointain de mes pensées
Dis-moi, Vinicius
Pourquoi elle est dehors
Et son coeur un autre mot
Que je ne peux plus prononcer
Pourquoi elle est dehors
Et que c'est moi qui l'y ai mise
Pourquoi je peux te parler
Et que tu ne me comprends pas
Dis-moi, Vinicius
Pourquoi me voilà seul
Et plus seul avec elle
Encore plus seul sans elle
Puisqu'elle n'est plus là
Dis-moi, Vinicius
Pourquoi elle est venue
Quand je l'ai faite venir
Et qu'elle est repartie
Quand je l'ai faite partir
Pourquoi je l'ai chassée
Dans deux sens opposés
Dis-moi, Vinicius
Pourquoi je ne puis vivre
Avec et pour les autres
Ni non plus vivre seul
Les autres avec leur mort
Et j'étais déjà mort
Dis-moi, Vinicius
Pourquoi la flamme s'éteint parfois
Comme si éteinte depuis l'éternité
Et qu'elle brûle à nouveau
Comme si jamais n'avait cessé
Le lendemain matin
Dis-moi, Vinicius
Pourquoi seule l'insouciance
Connaît la vérité
Que chaque mot construit
Et que chaque mot détruit
Parce qu'un mot est un mot
Dis moi, Vinicius
Pourquoi je l'aime autant
Qu'elle soit ailleurs je ne sais où
Ou ici contre moi
Et plus présente parfois
Dans le lointain de mes pensées
Dis-moi, Vinicius
Pourquoi elle est dehors
Et son coeur un autre mot
Que je ne peux plus prononcer
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